Pages

dimanche 23 septembre 2012

Master Loose présente


Master Loose
présente



C'était dans les années 80, je participais à un fanzine Rock et Bd, une vingtaine de pages noir et blanc photocopiée et couverture bristol qu'on tirait à 300 exemplaires. Près de 2000 feuillets à plier et à agrafer manuellement, un boulot énorme, d'autant qu'on était pas nombreux, on était, heu.. Deux. Après la sortie du numéro 1, qu'on avait pris soin d'envoyer un exemplaire à tous les organes de presse rock et Bd de la capitale, on a pas tardé à recevoir des propositions de dessinateurs qui cherchaient à se faire publier, dont un qui un jour se pointa au QG avec son carton sous le bras.

Il venait de se faire publier chez Métal Hurlant et s’apprêtait à sortir un album chez Futuropolis dans la collection X, des petits albums à l'italienne d'une quarantaine de pages. Il a sorti ses planches et là, la claque, c'était superbe, un trait que je n'avais jamais vu ailleurs et tout en couleurs directes ! j'étais tout autant très impressionné par son travail que par le tampon "Publié par Métal Hurlant" au verso d'une de ses BD. Ça me faisait rêver.

Ses Bd étaient fantastiques, rock, et il était prêt à nous en céder une ou deux pour le fanzine ! Ça aurait une autre gueule que mes petits crobards c'était certain. Le N°2 allait s'arracher comme des petits pains. On fonçait droit vers le succès, ça ne faisait aucun doute !


C'était sans compter sur mon inégalable maladresse...


...Et bien évidemment, lorsque j'ai débouché la bouteille... Ça n'a pas loupé.

Une multitude de gouttes au cola se sont parcimonieusement répandues sur ses planches qu'il avait étalé sur le tapis. Ses meilleures planches couleurs, sur lesquelles il avait bossé des heures, des jours, et je venais de toute les pourrir en deux secondes. Y'a eu un silence de mort. A sa place j'aurai probablement eu envie de tuer.

Ça a méchamment plombé l'ambiance.


Sans un mot il a essuyé tant bien que mal ses planches dont la plupart étaient sans doute difficilement récupérables. Il n'a pas émis un seul reproche, mais j'ai senti comme un froid lorsqu'il est parti.
Je n'ai plus jamais bu de coca cola.
Quelques années plus tard, ce talentueux dessinateur fut l'un des fondateurs d'une célèbre maison d'édition alternative...





26 commentaires:

  1. waow ! la classe version punk, dans le registre "tranche de vie moisie" ... et une bien belle déco aussi :)
    Pendant ce temps, d'autres gerbaient de la Valstar et bricolaient des fanzines pseudo gothiques dans des caves toulousaines ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha ha ! Bah voilà je cherchais un titre de rubrique, "Tranche de vie moisie" c'est parfait. Quoi ?! tu fus une goth ? Mais.. Delphine, c'était de la valstar bouchon vert ou bouchon rouge ? :)

      Supprimer
    2. j'étais grotesque surtout ! Enfin je me croyais punk mais l'esthétique corback faisait des ravages au début des 80's :D
      Rouges les bouchons la plupart du temps je crois, c'est plutôt moi qui devais être verdâtre vu comment je tenais bien le litre...
      Tu lui reparles depuis à l'aspergé ?

      Supprimer
    3. Ha ha, la valstar c'était pire que le coca je crois.
      Oui j'me souviens de cette déferlante d'ébouriffé(e)s suicidaires à la Cure. Fallait oser :)
      J'ai jamais revu ce dessinateur et en plus, y'a jamais eu de N°2.. ha ah..

      Supprimer
  2. Très jolie note.
    Je sais maintenant pourquoi j'ai bien fait d'arrêter le coca.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci :) Ha ouais, ouais, le coca, on s'imagine pas mais ça peut briser des rêves. Le Banga c'est plus sur.

      Supprimer
  3. Je m'en sers encore quelque fois pour décaper mes dents en or.

    RépondreSupprimer
  4. Hahaha du coca plein la moquette ? … Oh merde.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais ouais, s'il avait pris soin de la recouvrir totalement avec ses dessins ça n'aurait pas été aussi dramatique.
      Tiens, te voilà donc reviendu à Grou..

      [edit] hé mais !!!.. Bon sang, je viens seulement de percuter.. Oui, voilà, c'est ça, plein la moquette. Au temps pour moi, venant de toi ça ne pouvait être une simple coïncidence.
      Ma Moute, toujours tu m’épates.

      Supprimer
  5. bizzz
    c'est encore dans le Vidal (ze dico à médocs) la Valstar?
    même mode d'emploi faut pas secouer si je me rappelle...
    enfin vraiment contente de trouver une suite... qui fait plus d'une seule bulle
    exigeante la plouc? mais non accro simplement

    RépondreSupprimer
  6. Je crois que la production de Valstar s'est arrêtée, mais on en trouve peut-être encore en pharmacie avec une ordonnance.
    Je préfère éviter la Valstar, ça troue le papier.
    Ha y'en a des bulles dans cette note ! Bizz :)

    RépondreSupprimer
  7. Réponses
    1. Et bien, c'était.. mais ?.. c'est qui là en vrai ?

      Supprimer
  8. j'ai perdu la k7 qui etait avec le n°1

    Ricky fan notoire canal historique

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha ha, moi aussi.
      Tiens, j'aurai pu mettre les punks Verboten dans la sélection à droite, car je n'ai pas perdu le CD.

      Supprimer
  9. Qu'est ce que c'est bien une note de blog quand ça sent le vrai vécu ! En plus quand c'est raconté comme ça, on y est. ( Et on pense à ses propres "tranches de vie moisies"...)
    Sinon dans le même genre, j'attends toujours désespérément la suite de " Forain". (C'était vraiment excellent aussi ).

    RépondreSupprimer
  10. Merci, tu connais "La vie de Vertron" ? ça te plairait, ça sent bon le vécu aussi, ha ha. :)

    "Forain", j'avais stoppé rapidement, je trouvais que c'était mal raconté et pas facile à dessiner, les manèges, les fêtes foraines, camions, caravanes.. Houla.
    Dès qu'je l'sens, j'm'y r'mets.

    RépondreSupprimer
  11. Peut être que cet épisode douloureux (et humide et collant) de sa vie a été pour lui une révélation... et il s'adonne à présent corps et âme aux techniques du pointillisme et de l'aérographe... et il est devenu connu et famous in NYC, et est devenu riche grâce à toi! (tu devrais demander des droit de copyright et des royalties dans ce cas.)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha ha !.. heu, ou alors il est aujourd'hui installé dans un village au fin fond de la creuse comme peintre en bâtiment spécialisé dans l'effet moucheté et le crépis, et galère pour régler ses cotisations à l'Urssaf...
      (Je vais lui envoyer un chèque). :)

      Supprimer
  12. Huhu j'aime quand même beaucoup ta première réponse, avant le percutage. (Ceci dit, j'avoue : j'ai cherché. Je m'y connais pas trop en revêtement. )

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ha mais si, c'est balaise. Déja, prendre la peine de chercher déjà, bon. Et en plus, trouver ! Par une habile Association de quelques maigres et malheureux indices (metal hurlant, futuropolis, la Konture sur le pantalon, le killofer à repasser... hum...) si si, sans rire, c'est très malin. Tu m'épates :)

      Supprimer
  13. Pourquoi je rate toujours une note sur deux sur ce blog, moi ?!
    Bon en attendant, je vais aller demander une injonction du tribunal pour t'empêcher d'approcher à moins de 10 mètres des stands Quenelles Graphiques et Fraktory. Sauf si tu es nu et les mains vides, et que tu peux prouver que tu ne dissimules de bouteille de coca dans aucun de tes orifices. On n'est jamais trop prudent.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Bien que je n'ai rien à cacher et que l'intégrité de mes cavités est totale, je me sens peu enclin à démontrer, surtout face à des quenelles, aussi graphiques fussent-elles, qu'aucun objet, container ou même amphore, n'a jamais séjourné dans aucun de mes orifices. C'est pourquoi sans hésitation j'opterai pour l'injonction. J'utiliserai un porte-voix.
      De plus je ne bois plus que du Banga.

      Supprimer
  14. ouais moi aussi je râte une note sur 2.
    ça c'est une belle looze de compet'. Tu crois qu'il en reparle avec le sourire lui ?
    t'as essayé de le recroiser à un festival ou quoi... pour euh...reparler de ce moment "douloureux" ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne sais même pas s'il s'en souvient... heu, enfin, surement que si... sur le moment, même s'il est resté très calme, il devait intérieurement me traiter de tous les noms, mais aujourd'hui... ça fait un bail quand même ! :)
      Je l'ai jamais revu, d'autant que les festivals, j'en ai pas fait beaucoup. En plus.

      Supprimer