MA VIE, MANOEUVRE
épisode 3
__________________
Le cul posé sur une chaise au confort administratif dans un silence de mort sporadiquement brisée par quelques toussotements retenus et autres bruissements buccaux d’exaspération, j’observais les incessantes allées et venues de fonctionnaires papillonnants dans cette enceinte du pôle emploi quand brusquement, alors que je trouvais enfin le sommeil, on brama mon nom. J’avais rendez-vous avec ma conseillère d’orientation.
Mes indemnités sonnant l’hallali je dus agir sans tralala. C’est fort de mon expérience après ces années de dur labeur chez Kalvair et Supliss et doublé d’un naturel et irrésistible attrait séducteur que je finissais par obtenir un poste d’instructeur à l’AFPA. J’avais en charge de former de jeunes désœuvrés aux métiers de l’artisanat, métiers tombés en désuétude certes, mais susceptibles de recouvrer un regain d’intérêt un jour ou l’autre.
Bien sur je continuais en parallèle mes activités artistiques. Le phénoménal succès de mon blog allant croissant, je dus engager un trou du c… un apprenti pour assurer l’intendance et autres tâches subalternes indignes de mon statut. Ainsi en toute quiétude le monde de l’art par mes œuvres immortelles, dominer je pus.
Nous coulions des jours heureux Gertrude et moi. Vivant dans une région où verdit le plus sain des pâturages, là où l'herbe est tendre et fraîche telle la rosée d'un matin de printemps, nous la broutions à pleines dents avec bonheur et félicité puis, lorsque le jour commençait a décliner et que l'horizon se vêtait de sa pelisse orangée, nous partions gambader dans la prairie et nous y déposions de bien belles bouses, des bouses naturelles sans additifs ni conservateurs. Les jours festifs, nous allions guincher dans de ruraux festivaux en compagnie d’autres bovidés assoiffés de reblochons.
Mais, malgré l’exaltation de l’amour, je ressentais toujours ce besoin d’aventure, ce désir insatiable de me surpasser dans l’épreuve, le péril et le danger, d’assouvir ma soif de cognition. C’est tel un fauve d’amazone humant l’appel du large d’une narine frémissante que je pris, au grand dam de mes proches, cette décision qui allait bouleverser mon existence.
Le jour se levait à peine et la brume s’étendait sur les steppes savoyardes lorsque je m’en fus le cœur emplit d’allégresse et les poches garnies de fraises tagada car la route était longue. Le soleil au zénith, dardait de ses rayons le bassin parisien lorsque j’aperçus au loin, les murailles du grand forum.
Ce fut au détour d’un topic, alors que je valsais de l’un à l’autre, m’enivrant avec appétit des écrits de nos plus grands penseurs actuels, que surgit une fracassante révélation qui, paf, m’anéantit soudain, vlan. Longtemps secoué par cette confession méphistophélique, c’est dans un bouge, avenue des Champs Élysées, que je me réfugiai jusqu'à la nuit venue pour tenter d’oublier, refusant d’affronter la terrible vérité.
Mes convictions et certitudes réduites à néant, je commençais à perdre ma foi en la blogosphère. Bien sur le bon sens, comme tout être digne et fidèle à son blog, m’aurait fait abandonner ma famille au fin fond d’une sombre et lugubre forêt, les laissant à leur sort au milieu d’une meute de rats affamés. Mais ça m’aurait fait des frais d’essence, c’est pourquoi j’optai pour une solution plus rentable.
QUELLE SERA L’ISSUE DE CETTE GUILLERETTE TRAGÉDIE ?
L’HUMANITÉ EN SORTIRA T’ELLE GRANDIE ?
AURONT-ILS DES POIS CHICHES EN SUFFISANCE ?
vous le saurez indubitablement lors du prochain épisode de
MA VIE, MANOEUVRE
enfin bon, y'a rien d'certain...