FORAIN
épisode 3
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Au p'tit matin je descendais chez mon pote Pascal. Dès que son père, un cheminot, était parti au boulot, sa maman l'autorisait parfois à me faire rentrer pour prendre un petit dej et un peu de chaleur. C'était l'automne et je commençais à me cailler dans mes appartements.
C'est comme un frère qu'il partageait généreusement son Benco et ses choco BN avec moi, on mâchaient bruyamment sur la voix de Lavilliers qui balançait son quinzième round. A cette époque, on étaient de véritables fauves d'amazones.

Me nourrir était la partie la plus problématique, un vrai casse-tête. A force de roder dans les rayons alimentaires du Prisunic j'avais sympathisé avec un employé qui m'avait repéré et, voyant que je galérai m'avait, pour me rendre service, proposé un coup machiavélique digne des plus grands polars. Un plan sensé être florissant...
Cette monstrueuse escroquerie, qui me permis un temps de me procurer honnêtement des denrées, ne dura pas très longtemps, les trous dans la caisse ne manquèrent pas d'alerter rapidement les responsables. Malgré tout, les deux ou trois fois où nous commîmes cet odieux brigandage qui nécessitait un sang froid absolu et un naturel sans emphase, ce fut avec un professionnalisme sans faille que nous nous en acquittâmes.
Dans l'immeuble, je croisai assez souvent dans l'escalier un type qui habitait un étage plus haut avec sa mère et sa sœur. On me l'avait décrit comme un bandit qui, un jour ou l'autre, finirait sur l'échafaud, une sorte de Mandrin des cages d'escaliers, un François Villon des boites aux lettres. J'avais échangé quelques mots avec lui et m'étais persuadé que ce portrait n'était que le fruit de médisances et commérages. Pourtant, un matin, je le surpris dans l'arrière cours qui laissait sans retenue s'exprimer son instinct. .
Fin...