MA VIE MANOEUVRE
(Afin d'éviter un éventuel procès, certains noms ont été changé)
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Le superbe dessin de Louna
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Nous nous mêlions de temps à autre aux créatures qui hantaient le voisinage, des bipèdes en tong luisant de crème anti-psoriasis. René, Gilberte, Gontrand et Salmonelle avec qui nous partagions quelques moments privilégiés, d'intenses parties de trivial pursuit et autres divertissements tout aussi enivrants.
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Ce mardi, l'émotion atteint son apogée, nous retournions faire face à la réalité. C'était la rentrée. Finit la tendre intimité du camping, terminé les longues soirées à compter nos doigts de pieds à la lueur du camping gaz. L'heure était aux adieux. Ce fut poignant.
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La lourde porte du camp de vacances se referma derrière nous dans un grincement de serrure rouillée. Quelques heures plus tard nous arrivions gare de Lyon, épuisés certes, mais fourbus d'être fatigués. Nous étions enfin chez nous.
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J'occupais les quelques heures de liberté qu'il me restait, à de ludiques inactivités dans notre appartement du boulevard Saint honoré, pendant que ma tendre Gertrude se chargeait de la logistique. Avec plus ou moins de bonheur dans ses choix.
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Le lendemain je retrouvai ma place chez Kalvair & Supliss, la société qui m'employait depuis des années. J'étais fortement considéré, croyais-je, pour mes qualités d'abnégation, de sacrifice. Ma profession l'exigeait. Et j'entretenais des relations fraternelles avec mes collègues.
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La tâche n'était pas aisée, elle nécessitait la plus intense concentration. J'étais alors dans un état proche de l'Ohio, et c'était invariablement à cet instant précis que Gertrude, ma douce, me contactait pour me faire part de ses turpitudes concernant le dîner du soir. Steaks hachés ou saucisses lentilles ?
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Les jours s'écoulaient lentement dans une confortable routine. Mais le destin allait me jouer un tour pendable. Voila qu'un matin, sans qu'on me laisse le temps de chausser mes sandalettes de sécurité, je me voyais convoqué à la direction du personnel… Un Juda m'avait vendu.
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Quel complot se trame contre notre héros ?
Aura t'il droit néanmoins aux assédics ?
Y aura t'il un deuxième épisode ?
Justement, vous le saurez en suivant le deuxième épisode de
MA VIE, MANOEUVRE
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Au petit matin je me réveillai comme transfiguré. Cette insondable souffrance avait cédé sa place à l’allégresse. Et après un bol de ricoré, deux biscottes au beurre d’anchois et une choucroute garnie, j’entrepris de narrer devant mes proches quelque peu circonspects, ma troublante révélation nocturne.
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Je n’avais aucune minute à perdre et me mis immédiatement en quête de l’inspiration, travaillant sans relâche dès qu’on m’ôtait ma camisole. Et soudain, alors que probablement à cause du vermifuge s’amenuisait en moi toute espérance, vlan… L’idée… Comme ça, paf.
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Après que je l’eu concrétisé sur du papier Canson 224 g, je testai la puissance humoristique de mon œuvre auprès de mon arrière grand-tante Ursula. Mère supérieure au prieuré de Ste Amertume, elle avait pour réputation d’être une sacrée déconneuse. Si elle se poilait, c’était gagné.
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Satisfait de la réaction d’Ursula qui succomba à une crise cardiaque quelques heures plus tard, j’envoyai ma modeste iconographie à Pénélope. Durant les jours qui suivirent je m’occupai comme je pu pour tromper l’attente ; mots croisés, ping-pong, équitation, water-polo, golf, chasse à courre, décathlon…
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Au matin du jour J, ce dimanche 19 août, je m’enfermai dans ma villa du Vesinet (78) pour me recueillir, méditer, seul avec moi-même et ma playstation. Et c’est le lundi aux premières lueurs de l’aube que Bernardo, mon fidèle serviteur, vint m’apporter la bonne nouvelle.
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849 visites ! Comment allais-je gérer cette notoriété subite et inopinée ? Installer une bannière publicitaire pour me faire un peu d’oseille ? Imprimer des stickers a mon effigie et les distribuer paraphés de mon auguste griffe à mes fans enamouré(e)s ? Je décidai en premier lieu de partager cet insondable contentement avec mes proches.
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Evènement que nous célébrâmes jusque tard dans la nuit dans une ambiance des plus euphoriques.
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Depuis ce jour ma vie est tout à fait fascinante. Des mil… des centai… Bon, des dizaines de visiteurs et visiteuses se pressent pour me lire. Une multitude de propositions affluent dans ma boite aux lettres. De riches héritières de Sierra Leone et d’ailleurs me cèdent un confortable pourcentage sur leur legs en échange de mon numéro de carte bleu, des industriels humanistes m’offrent l’opportunité d’enlarge my pénis, et tant d’autres tout autant philanthropes. Je passe de longs moments sur internet et j’y prend beaucoup de plaisir, excepté ma tendre et douce Gertrude qui semble un peu agacée, je sais pas pourquoi.
THE END
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Cependant, je continuais à vivre comme si de rien n'était. J'allais au PMU passer quelques agréables moments avec des vieux potes de régiments. Nous fumions des coups en buvant des clopes, mais, sur mon ingrat facié pouvait se lire le désespoir. Une souffrance... insondable. bin oui parfaitement.
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Cet état de fait n'avait bien sur pas échappé à ma douce et tendre Gertrude, elle me couvrait de son indicible amour, et c'est sans me faire prier que je lui confiai l'objet de mon tourment.
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Voyant mon chagrin grandir jour après jour, cette douleur que je n'arrivais point à surmonter, elle fît appel à un spécialiste de la souffrance aussi insondable soit-elle. Le docteur Blogrank. Il m'ausculta et, sans ménagement, m'asséna la terrible vérité. Une vérité que je ne pus accepter sans ciller.
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Les nerfs mis à rude épreuve soudain lachèrent et je craquai. Vociférant comme un dément et totalement sourd au paroles réconfortantes mais cependant maladroites de mon aimée.
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Puis ce fut le trou noir, un trou sans lumière, sombre... un trou noir quoi. Durant des jours je délirai, enfièvré, errant entre la vie et la mort dans mon trou... noir. J'étais loin d'imaginer alors que le destin me réservait une surprise qui allait bouleverser ma vie.
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Je dormais du sommeil des justes quand une lueur brusquement m'aveugla. Une féminine silhouette toute auréolée d'une chaude lumière m'apparu alors. Une silhouette toute à fait fascinante. Etais-je en proie au délire ?
Notre héros échappera t'il a cette souffrance insondable ?
Aura t'il encore des visiteurs malgré cette note ?
Les blogueurs auront-ils honte de le mettre en lien ?
Vous le saurez lors du prochain épisode (à supposer que vous reveniez)
37 cm LE MATIN
Le feuilleton de la rentrée